L'herbier de Leon Dufour

   Né à Saint-Sever dans les Landes en 1780, Léon Dufour est un médecin et naturaliste français. Son père, Charles Dufour, ainsi que Jean Thore l'initient à la discipline de la Botanique. Au cours de son adolescence, il effectue son premier voyage botanique au sein des Pyrénées en 1796 où il rencontre Louis Ramond de Carbonnières1 qui lui transmet l'intérêt pour l'entomologie.

"Ramond, à la vue de cet insecte, témoigna le désir de l'avoir: je m'empressai de le lui offrir. L'intérêt qu'il manifesta, le soin qu'il mit à le repiquer et à le placer dans une boite où, pour la première fois, je voyais réunis de nombreux insectes, tout cela me fit une vive et profonde impression. [...]  dès ce moment, je me livrerai sans relâche à la recherche et à l'étude des insectes, et cet attelage de bestioles m'a conduit à l'Institut."

DUFOUR L., 1888, A travers un siècle. Souvenirs d'un savant français, Paris, J Rotschild éditeur, p. 19

   Il poursuit des études de médecine à Paris au sein de la nouvelle Ecole de Santé.  Il devient, à cette époque, le disciple de Latreille2. Suite à ses études, il s'engage comme médecin militaire lors de l'expédition d'Espagne d'où il rapporte une importante collection de plantes et d'insectes.

   Il n'aura pas l'opportunité de devenir "naturaliste-voyageur" comme il le souhaitait et reprit le cabinet médical de son père à Saint-Sever. Néanmoins, il continue en parallèle de sa profession ses observations en entomologie. Il participe aux grands débats naturalistes de l'époque ainsi qu'à la fondation entomologique de France en 1832. Il décède  en 1865 en laissant derrière lui de nombreux articles scientifiques et son herbier.

   Les herbiers anciens sont conservés par leurs auteurs qui les lèguent ensuite à leur propre famille ou bien à des associations et institutions. Concernant l'herbier de Léon Dufour, ses fils en ont fait don en 1893 au Jardin Botanique de Bordeaux, qui l'a toujours en sa possession. Il se constitue d'environ 10 000 planches ordonnées selon la classification d'Antoine-Laurent de Jussieu3. Dans l'herbier de Léon Dufour, il est possible d'observer des échantillons issus de correspondance. A l'époque, Dufour se trouve au sein d'un réseau botanique qui échange des spécimens permettant, de ce fait, une vérification de la nomenclature ainsi qu'une appréciation des variations. Certaines étiquettes ont probablement été écrites par le conservateur du Jardin Botanique lors de l'inventaire de l'herbier. En effet, en 1895, l'herbier a été réaménagé par l'institution. Il a alors pu être reclassé par le conservateur du jardin de l'époque et/ou ses adjoints.

Planche d'herbier de Leon Dufour
 

   En 2011, le Jardin Botanique de Bordeaux organise une exposition itinérante intitulée "Herbiers Landais - Trésors Vivants". Il s'agit d'une invitation à la découverte des herbiers landais du XVIIIe et XIXe siècle,véritable terrain de la biodiversité du passé. Le but de cette dernière est la mise en avant des herbiers et l'importance de communiquer dessus. La conception des herbiers ainsi que certains auteurs sont mis en avant, comme Léon Dufour.

   Par la suite, le Jardin Botanique organise en 2013 une table ronde réunissant différents partenaires autour de la problématique de la numérisation des herbiers afin que chacun échange son expérience. L'objectif de la numérisation étant de valoriser les herbiers

         
            Affiche de l'exposition "Herbiers - Trésors Vivants"
 
 
Ramond de Carbonnières : homme politique, géoloque et botaniste français (1755-1827)
Latreille : entomologiste français (1762-1833)
Antoine-Laurent de Jussieu : botaniste français (1748-1836)
 

Source : 
 
CONSEIL GENERAL DES LANDES, 2005, Hommes de sciences dans les Landes aux XVIIIe et XIXe siècle, Edition "Le Festin", Collections des "Guides de l'Aquitaine", 64 pages.
DUFOUR L., 1888, A travers un siècle. Souvenirs d'un savant français, Paros, J Rotschild éditeur,348 pages
Jardin Botanique de Bordeaux, 2013, Herbiers, trésors vivants - Tables rondes sur la valorisation des herbiers, Collection du "Jardin Botanique", 114 pages.
 
 
 

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